[FOCUS] A.L.A le rappeur trap tunisien aux millions de vues sur YouTube.

Avant-propos

La Tunisie détient elle aussi sa tête d’affiche dans le rap. La discipline était interdite pendant « le règne » du Président Ben Ali et de sa belle-famille mais, depuis la révolution du printemps arabe et l’engagement de la Tunisie à offrir une réelle liberté d’expression à son peuple, le rap s’impose très rapidement comme la musique numéro 1 écouté par les jeunes tunisiens.

Lorsque j’étais plus jeune et que j’y passait mes vacances d’été, à la tombé de la nuit des voitures fusaient dans les rues à toute vitesse avec le titre du rappeur Balti. Ils diffusaient dans tous les quartiers de Tunis LE SON interdit intitulé « A3bed Fi Terkina ». Le titre était un coup de gueule sanglant du rappeur sur l’injustice subit dans le pays à l’époque, l’oppression policière, la misère humaine et l’hymne d’une jeunesse qui n’arrivait plus à rêver. On notera que la simple écoute ou diffusion de cette musique à l’époque était passible d’une peine de prison ferme.

Le rappeur Balti avait fait de la prison à cause de ce morceau mais il sort victorieux de cette expérience car il a su se positionner comme un précurseur du rap en Tunisie et connait jusqu’aujourd’hui une carrière explosive dans la musique avec à son compteur une flopée de titres et des feats avec les grands noms du rap Fr tels que Mister You ou encore Tunisiano.

La trap tunisienne incarnée par A.L.A

Très longtemps mal jugé par les autorités tunisiennes, le rap n’a pas séduit les jeunes qui craignaient la répréhension de la police, ils s’étaient alors rabattues sur la musique électro et house pour s’évader. Depuis le printemps arabe, la discipline tente de se réimplanter et trouve finalement sa place. On connait d’abord quelques artistes puis le succès de l’artiste Kafan ouvre une première porte. Néanmoins ses titres restent dans un registre reggae mais on commence doucement à s’approcher du rap dès lors.

Dernièrement, c’est le rappeur A.L.A qui prend le relais en tête d’affiche, il enchaine les millions de vues et propose un rap contemporain et esthétique pensé dans les moindres détails (style vestimentaire, phrasé, flow et scénarios des clips).

On vous laisse découvrir son dernier succès, le clip du titre « Nharzin » ( trad : « belle journée » ) en featuring avec TOTO.

 

Les codes du rap, intégrés à la culture tunisienne. 

Il a toujours été de réputation que la Tunisie est l’un des pays les moins restrictifs de liberté dans le monde arabe. Néanmoins certaines barrières morales et culturelles ne permettaient pas aux artistes de s’approprier certains codes que le monde du rap propose. En effet, il était hors de question de placer un « gros mot », une jeune fille sexy ou bien même de dénoncer une quelconque injustice dans une musique. Tout ça semble être bien loin derrière nous car A.L.A renonce à la censure et laisse cours à sa liberté d’expression en intègrant à sa musique les codes du rap.

Aussi, il mise sur ses visuels et notamment ses clips dont certains sont des courts-métrage, comme pour la vidéo de son titre « U.Z.I » ou il fait appel à l’un des plus grands acteurs du monde arabe M. Hichem ROSTOM.

A.L.A est en pleine ascension et les conditions de travail des artistes hip-hop en Tunisie commencent à prendre forme. L’ouverture au tunisien de toutes les plateformes et sites internet (certains bloqués sous l’ancien régime) et les nouveaux moyens mis en place dans le pays pour favoriser l’expansion de la liberté d’expression à travers des oeuvres culturelles permettent le développement de culture rap en Tunisie.

En attendant d’en savoir plus sur l’actualité de A.L.A reste brancher sur Merifr.com.

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Auteur : Rim KHAMASSI

Passionnée de Rap Fr, je dédie ce site à la Culture Rap en France et à tous les nouveaux talents émergeants, nos Rookies préférés et à la Culture urbaine à travers des articles, photos et vidéos !

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